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Sherlock Holmes ioT à Paris

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Sherlock Holmes à l’ère du digital

J’ai participé la semaine dernière à la première phase d’un challenge mondial, lancé par le laboratoire du storytelling numérique de l’Université de Columbia : « Sherlock Holmes and the internet of things ».

La version française du challenge s’est déroulé à Paris, dans l’enceinte de Numa, incubateur de start-up du numérique. L’expérience parisienne a été conduite par l’équipe de Learn do Share : une association de bénévoles qui s’impliquent dans l’organisation d’événements, de laboratoires de co-création, ayant pour objectif d’expérimenter des nouvelles formes de narration et de tester leur impact social.

L’espace d’une soirée, nous nous sommes répartis entre 5 équipes d’auteurs-investigateurs. Nous avons créé notre scène de crime (marqué la position de la victime). Nous l’avons ensuite remplie d’objets (indices, arme du crime), certains étant supposés connectés (au web ou avec d’autres objets) et donc intelligents. Ce qui nous a permis finalement d’imaginer une proposition de récit du crime, de la victime et du tueur présumé.

Voici la photo de notre scène de crime :

accablée par la fatigue et le poison, notre victime s’est effondrée sur son siège….  Quitte à en perdre un bras (regardez bien à gauche!)

En ce qui concerne notre équipe, le tueur a été particulièrement efficace. En plus d’assassiner la victime, il est parvenu à faire disparaître rapidement deux de nos détectives-du-soir. Notre équipe a donc manqué de matière grise et fraîche pour terminer le challenge, quand les autres équipes étaient constituées de 4 ou 5 participants. Il est évident qu’après une telle hécatombe, il était difficile pour notre groupe de nous concentrer sur une seule victime. Nous avions en réalité à enquêter sur un meurtre et deux disparitions suspectes. Peut-être que ces malheureux candidats s’étaient inscrit à ce meet-up en croyant participer à un simple cluedo, sans penser qu’il y aurait un véritable meurtre de commis ? Ou, ils se sont trompés de porte, ils voulaient assister à une conférence sur la monétisation des canevas de tricot de bonnet fun et urbain, proposée par la Maison du Bitcoin, qui se trouve en face de l’immeuble Numa. Ils se peut enfin que des extra-terrestres aient kidnappé nos deux partenaires pour pratiquer sur eux des expériences inavouables…

Une expérience réellement ludique

Je me suis malgré tout beaucoup amusé, comme ma partenaire, qui elle aussi a survécu comme moi au défi. J’ai trouvé le concept décalé et original. Même si le processus a manqué parfois de rythme, qu’on a terminé un peu trop tard, je ne regrette pas du tout d’être venu. L’ambiance était relax, la plupart des candidats motivés et imaginatifs. Et puis, il y a trois éléments qui m’ont particulièrement plu.

Une expérience originale

J’ai déjà eu l’occasion de participer à des murder parties. Des soirées détective, où un meurtre est commis et il faut résoudre l’enquête, un peu à la façon d’un Cluedo (qui est le coupable ? Avec quelle arme ? Pour quel motif?). La différence fondamentale dans cette expérience n’est pas de travailler en groupe (avec des inconnus), mais bien d’enquêter sur le crime que nous avons fabriqué ensemble.

Une narration émergente

Dans une murder party, il y a crime défini par le maître de jeu, qui coordonne la soirée. Or, dans le cas de l’expérience Sherlock Holmes, les objets (connectés ou non) ont été choisis et placés par les autres équipes sur notre scène de crime. Charge à nous ensuite d’en dégager le sens et/ou la fonction. Certes, dans l’expérience Sherlock Holmes, il y avait bien une équipe de modération, mais elle s’est tenue à nous donner des objectifs à atteindre sous contrainte de temps. L’expérience Sherlock Holmes est plus de l’ordre d’un bac-à-sable, où les participants créent eux-même leur propre narration à partir des briques narratives qu’on leur propose.

Une narration collective

Le deuxième point positif de cette expérience est également son approche résolument collaborative. Le fait que tout le monde participe à différents degré à la construction de la scène de crime de chacun est une bonne idée. L’expérience marie bien les inputs de chaque candidat et le travail du groupe et des autres équipes. J’ai réellement assisté en 3 heures de temps à une expérience de narration collective spontanée.

À quand la suite ?

Si cette première phase était surtout une phase de conception et mise en narration, la prochaine étape sera plus technique et opérationnelle : les fameux objets connectés à inventer, rationaliser (pour quelle fonction dans l’enquête) et prototyper. Elle s’intéressera davantage au parcours utilisateur et à l’expérience de jeu : résoudre une scène de crime mondiale et massivement connectée.

Elle aura lieu les 24/25 octobre et sera l’occasion d’élargir le challenge au niveau mondial. Je vous invite à suivre la page Sherlock Holmes and the internet of things de Paris pour vous inscrire à ce Meet-up.

Pour finir, vous trouverez les différentes contributions mondiales de Sherlock Holmes iot ici.

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Ronan Le Breton

Ronan Le Breton
Scénariste, Romancier – roman, BD, jeunesse, jeux, jeux vidéos
Professeur de scénario et de storytelling interactif
Auteur de mauvais genres – Policier, Fantasy, Fantastique, Science Fiction

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