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série BD : les 3 grands genres 1/2

Les Incontournables de la littérature par Glénat

La sérialité

“Sérialité” le “gros mot savant” est jeté. Qu’est-ce donc qu’une série dans le 9e Art? Je vous propose, avant de parler de la structure d’une série BD, de distinguer les différents types de séries BD que l’on peut trouver dans le commerce. Plus particulièrement, des BD francophones.

1) La Série unitaire

Comme son nom l’indique, la narration de cette forme d’album repose sur un seul opus. Le récit occupe l’espace d’un seul livre : ni plus ni moins. C’est un grand classique des premiers albums francophones. Elle s’adresse en général à un public familial ou jeunesse.

Même s’il y a une certaine chronologie dans la succession des tomes (et on trouve parfois des renvois à des tomes précédents), on peut commencer la lecture de la série par n’importe quel album. Les personnages principaux sont suffisamment stables et rapidement identifiables (ils sont très caractérisés, voire caricaturaux). L’histoire, je le répète, démarre au début et se clôt à la fin du livre.

L’avantage d’une série unitaire est justement qu’elle ne nécessite pas d’avoir lu tous les tomes précédents.

Son point faible découle de son point fort. Étant conçu comme un “produit fini”, elle n’engage pas réellement le lecteur à suivre la suite des aventures des personnages, puisque aucun album n’ouvre sur une suite.
À la nuance près, bien entendu, que si l’univers est immersif, les personnages attachants, le public aura envie de prolonger l’expérience.

Les Aventures de Tintin, Spirou et Fantasio, Julius Corentin Acquefacques – prisonnier des rêves en sont de parfaites illustrations. Si l’on prend l’exemple d’Astérix, le récit commence toujours au village. Tout semble alors aller bien jusqu’au moment où un événement perturbe la tranquillité des Gaulois, ce qui pousse Astérix et Obélix à partir, une énième fois, à l’aventure. Sans surprise, les deux Gaulois finissent par triompher et ramener la paix en Armorique. Le récit se termine toujours par un banquet au village. La boucle est bouclée.

Astérix => un tome : un terrain de jeu, une aventure et de nouveaux personnages

2) La Série anthologique

Calvin & Hobbes, des recueils de gags

La série anthologique est une forme particulière de la série unitaire. Elle ne dure pas plus longtemps qu’un album. Cependant, le livre se compose en réalité de plusieurs intrigues, qui ne sont pas forcément liées les unes aux autres. L’album est fait un recueil, en général de gags qui ont pu être publiés précédemment (dans des journaux ou sur le web).

Les albums Calvin & Hobbes sont par exemple des compilations de gags issus de productions pour différents journaux américains. Les albums ne sont que des versions livre des planches diffusées en presse.

3) La Série feuilleton

Véritable héritière des romans feuilletons publiés dans les journaux du XIXe siècle, la série feuilleton est une narration qui se déroule sur plusieurs épisodes ou plusieurs tomes. Contrairement à la série unitaire, il faut suivre la narration dans son intégralité pour appréhender l’histoire et ses développements dans toute sa granularité.

L’avantage d’une série feuilleton (par rapport à une série unitaire) est qu’elle va donner envie au lecteur d’un tome de lire le suivant. Chaque album se termine (en général) par une situation irrésolue, l’apparition (ou la réapparition) d’un antagoniste, un rebondissement, un cliff. On veut savoir ce qu’il advient des personnages principaux. L’histoire s’apprécie encore mais autrement, quand on lit la version intégrale qui présente le récit complet. La série feuilleton engage plus le lecteur dans l’intrigue et la narration. C’est rassurant pour les auteurs et l’éditeur qui fédèrent ainsi une communauté autour de leur œuvre.

C’est aussi un risque, à l’ère de “l’économie de l’attention”… “L’économie de l’attention” désigne ce phénomène d’abondance d’œuvres culturelles (télévision, cinéma, jeux et jeux vidéo, livres, musiques, théâtre…), œuvres qui se concurrencent entre elles car le temps d’attention du public n’est pas infini. La curiosité du lectorat est fragile car son attention est facilement distraite par d’autres médias… Une série trop longue, ou dont les parutions sont trop espacées, risque, d’après cette théorie, de perdre son public. Aujourd’hui, les lecteurs ont moins le temps et la patience d’attendre une année (voire plus) pour lire la suite de l’aventure.

L’intégrale Bueberry en tirage de tête

Ainsi, la narration de la série XIII de Jean Van Hamme & William Vance se déploie sur 25 albums (dont un hors-série). La série du prodige japonais Naoki Urasawa : Monster, se déroule sur 18 volumes et son autre série phare : 20th Century Boys sur 24 volumes. Quant au célèbre Batman : The Dark Knight Returns de Frank Miller, il est simplement composé de 4 épisodes. Le manga Manhole de Tetsuya Tsutsui, se réduit à 3 volumes. Et ma série Arawn comporte, elle, de 6 tomes.

Voyez comme la longueur des récits sont variables. Et cela n’est pas seulement lié à tel ou tel marché : japonais, américain ou français. Cela dépend également du succès rencontré par le titre.

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Ronan Le Breton

Ronan Le Breton Story Designer Story Teller Narrative Designer Auteur de mauvais genres

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