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The Big Bang Theory : une fin sans haine

The Big Bang Theory : l’équipe au complet !

The Big Bang Theory : les fans émus

Après avoir agité le spectre de la fandomination à propos de la finale de Game of Thrones, on peut constater que la finale d’une autre série culte : The Big Bang Theory, n’a pas suscité ce phénomène de rejet, de cyber colère. Au contraire même, semble-t-il. Certains pourraient en conclure que les manifestations de fanrevolution sont de l’ordre de l’excès, de l’exception non représentative.

Je n’en suis pas convaincu. Et je vais vous dire pourquoi. Même si je l’ai rapidement évoqué dans mon article précédent, c’est l’occasion de clarifier mon propos. Ce qui se joue avec The Big Bang Theory ne contredit pas ma réflexion, elle ne fait simplement que l’affiner.

The Big Bang Theory & Game of Thrones : les points communs

Les deux fictions sont bien des produits audiovisuels. En cela, ils obéissent aux règles que j’ai présentées la fois précédente. Notamment :

  • ” La saison suivante n’est entérinée que si les résultats (d’audience) sont jugés satisfaisants
  • La saison qui conclura le récit n’est donc qu’un horizon lointain et encore imprécis
  • Une série ne survit que si l’audience augmente et se maintient tout au long de sa diffusion : sans fan, pas de suite !”

Pour les deux programmes, on ne peut imaginer de continuation de la narration sans l’engagement et le support des fans. Mais la ressemblance s’arrête là. The Big Bang Theory est une série, mais d’un tout autre format.

The Big Bang Theory n’est pas GoT !

La série de Chuck Lorre et Bill Prady, qui en était à sa 12e (et non sa 8e) saison, s’est arrêtée avec la défection de Jim Parsons (l’acteur qui joue Sheldon Cooper). Ce personnage est en devenu en effet la clé de voûte de ce show. Sans lui, le récit ne peut continuer de passionner autant les fans. Bref, contrairement à GoT (série chorale et complexe), l’engagement du public repose principalement sur l’attachement à ce seul personnage.

C’est normal, The Big Bang Theory est une sitcom ! Or, une sitcom est une forme de série bouclée. Dit autrement, cela implique que la narration de chaque épisode est close, se suffit à elle-même. Il n’y a pas d’importante évolution de l’intrigue au fil du temps. On peut donc regarder les épisodes et les saisons dans l’ordre que l’on veut, ce n’est pas trop gênant.

Ce qui suscite l’intérêt et l’engagement d’une série bouclée est la présence de personnages récurrents (cf. Columbo, Dr House, Star Trek). Certes, ses personnages évoluent quelque peu : ils grandissent, ils vieillissent, ils montent en grade… Mais, cela ne remet pas en question fondamentalement leur nature et leur caractère.

La narration au fils des saisons peut, à la rigueur, s’étirer horizontalement. On le voit bien dans The Big Bang Theory : de nouveaux personnages sont apparus et ont pris leur place dans le récit, principalement Bernadette & Amy.

Pourquoi alors, puisque chaque épisode ne fait pas avancer l’action ou le drame, les spectateurs restent fidèles ? Parce qu’ils aiment retrouver la prestation familière et rassurante de leur personnage emblématique. Au contraire d’un show qui met en avant des personnages complexes, la surprise et le suspense (Game of Thrones), la série bouclée (The Big Bang Theory) se contente de jouer une variation autour d’un même canevas : l’aventure de geeks dans un monde de gens normaux (neurotypiques).

La paix des braves fans

En conclusion, on ne doit pas s’étonner du peu de friction que la finale de cette mémorable série génère auprès de son public. La résolution de The Big Bang Theory n’est pas aussi inattendue, radicale, brutale, elle ne suscite donc pas de révolte de la part des fans.

Le risque de fanfRiction (et non fan fiction) ou fanrevolution ne concerne que les séries à “haute valeur dramatique”. Celles qui ont l’ambition de tisser une intrigue riche en twists toujours plus inattendus, alors qu’en même temps, elles veulent séduire des fans de plus en plus connectés et réactifs.

Qu’en pensez-vous ?

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Ronan Le Breton

Ronan Le Breton Story Designer Story Teller Narrative Designer Auteur de mauvais genres

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