0

écriture de scénario : l’ironie dramatique

ironie dramatique

L’ironie dramatique

Il s’agit d’une technique très ancienne de narration. Elle trouve ses origines dans le théâtre antique, mais ne se limite pas à l’écriture scénaristique (théâtre, cinéma, TV, BD). On la retrouve également dans la narration romanesque.

L’ironie dramatique est un outil qui s’applique à tous les genres d’écriture : comédie, tragédie, drame, romance, suspense, thriller, policier, épopée,…

La mécanique de l’ironie dramatique

Comment fonctionne-t-elle?
C’est très simple, elle se déroule en trois temps.

  • Installation

L’auteur divulgue une information privilégiée au public (spectateur, lecteur). Cette information est privilégiée car un (ou plusieurs) personnage, n’en a pas connaissance.

  • Exploitation

Le personnage ignorant cette information se retrouve ensuite confronté à une (ou des) situation qui utilise à son dépens cette ironie. Le personnage en devient donc la victime.
OEdipe ignore qu’il tue son père et qu’il se marie avec sa mère.
Marty McFly, qui s’est retrouvé en 1955 et a bouleversé l’ordre des événements du passé, doit tout faire pour que ses futur parents tombent amoureux. Bien entendu, sans dévoiler la vérité sur son lien de filiation. Les personnages victimes de l’ironie dramatiques ici sont les parents et l’antagoniste : Biff Tannen. 

  • Révélation

Le personnage qui en est la victime en prend enfin connaissance. Le mensonge, le malentendu ou le mystère est dévoilé.
Ce rapport privilégié entre le public et l’auteur prend fin. Tout le monde se retrouve à égalité d’information.

l’intérêt de l’ironie dramatique

Le public ayant pris connaissance d’une information privilégié s’amuse (avec l’auteur) de voir les effets qu’elles produit sur la ou les victime(s) : malentendus, quiproquos, duperie, illusion, déception…

L’ironie est un ressort récurrent dans les comédies. Les comédies fonctionnant énormément sur les malentendus et les quiproquos. Malentendus et quiproquos qui déclenchent le rire complice du public
De même, l’écriture de suspense et de thriller y a souvent recours. Elle permet dans ce cas de donner plus de force, de tension, d’enjeu à une situation.
Enfin, l’écriture dramatique et tragique utilise l’ironie dramatique pour augmenter la charge émotionnelle des scènes. Ici, le conflit interne de certains personnages (souffrance, malheur, fatalité) est amplifié par leur mensonge, leur ignorance, leur aveuglement.

Dans tous les cas, l’ironie dramatique installe un rapport privilégié, un rapport de complicité entre le public et l’auteur. Le public participe (avec l’auteur) à l’exploitation, au détriment du personnage qui en est la victime.

Exemples en vidéo

L’image et surtout la vidéo sont bien plus vivant et didactique qu’un discours, aussi juste soit-il. Je vous propose donc de regarder l’ironie dramatique présentée par Yves Lavandier, auteur de “La Dramaturgie”. C’est dans son livre que j’ai découvert et compris la logique de cette puissante mécanique de narration.
Chapeau Yves!

N.B. C’est en anglais mais sous-titré en français.

Rappelez-vous également d’Inglorious Basterds, la scène dans laquelle l’officier SS oblige le paysan à lui dévoiler où se cachent les réfugiés juifs. Sans que ces derniers (victimes de l’ironie dramatique) n’apprennent qu’ils ont été trahis, par leur hôte.

 

Share

Ronan Le Breton

Ronan Le Breton
Scénariste, Romancier – roman, BD, jeunesse, jeux, jeux vidéos
Professeur de scénario et de storytelling interactif
Auteur de mauvais genres – Policier, Fantasy, Fantastique, Science Fiction

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *