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Comment je suis devenu scénariste professionnel 2/2

Mon super projet de scénario… pas original… 😉

Comme promis, je continue à vous raconter ma vie, du moins les grandes lignes de mon parcours professionnel. Alors, pour ceux qui ont la flemme de cliquer sur le lien et de lire l’article précédent, je le répète. Je reçois régulièrement des messages ou des mails de personnes qui me demandent comment je suis parvenu à exercer en tant que scénariste, storyteller, narrative designer. Ce n’est pas tant que je me fatigue à me répéter, mais je me suis dit que partager mon expérience et mon parcours du combattant pouvait aussi rendre service à d’autres, qui n’osent pas/ ne pensent pas à me le demander. C’est la raison d’être de ces deux articles.

Je vous ai déjà raconté comment je m’étais essentiellement (auto)formé et quelles ont été les qualités vitales qui m’ont permis de me lancer et de m’accrocher à mon envie de devenir professionnel. Continuons ce voyage dans le temps et examinons deux problématiques ont joué également un rôle crucial dans mon parcours : digérer les échecs et persévérer, car le temps finit par nous être favorable à un moment ou un autre.

Professionnel : faut-il avoir la foi ?

Oui d’une certaine manière, le métier de scénariste (d’auteur, d’artiste) relève, je le pense, d’un sacerdoce. Parce que c’est rare que les choses se déroulent comme prévu. Rappelez-vous, je vous ai déjà parlé du “Voyage du Héros” de J. Campbell. Le voyage du héros ne consiste pas à naviguer sur un fleuve tranquille. Au contraire, c’est une navigation semée d’embûches. L’univers soumet le héros à différentes épreuves, pour voir si ce dernier mérite de réussir ou non.

Des échecs, des promesses non tenues, des projets qui ont explosé en plein vol et mêmes des productions dont on perdu la trace… J’en ai eu, souvent, trop souvent diront certains. Mais c’est le jeu. Comme dit la réclame : “tous les gagnants ont tenté leur chance”, mais on ne gagne pas à tous les coups, oublie-t-elle de préciser. Loin de moi d’affirmer qu’on perd plus souvent qu’on ne gagne. Cependant, il faut accepter de perdre, c’est le jeu.

  • Il y a dans mes cartons plus de projets BD (non signés) que d’albums publiés. Idem pour les romans. Imaginez tout ce qu’il y a dans mes tiroirs. Tout ce travail gratuit, ces espoirs déçus
  • J’ai essayé plusieurs fois de bosser comme writer dans le jeu vidéo. Mes différentes tentatives dans les années 2000 n’ont pas trop abouti. Il a fallu attendre 2012 pour que je me remettre à travailler (et durablement) pour l’industrie du jeu (vidéo et traditionnel). C’est ainsi
  • J’ai écrit plusieurs scénarios de court-métrages. J’en ai proposé plusieurs pour les concours (je ne sais pas si ça existe toujours) MK2. Je n’ai jamais été retenu. Normal, ils n’étaient pas extras. C’est la vie. Je me suis rattrapé depuis, j’ai écrit des scripts de cinématiques ou d’animation. ETC.

Ce que je cherche à vous dire est qu’il ne faut pas baisser les bras dès la première défaite. Devenir professionnel : scénariste, concepteur, auteur, artiste, c’est partir en croisade. Avant de gagner des batailles, on en perd (des batailles), et pas qu’une. Le travail d’auteur, c’est un marathon, je l’ai dit. Il faut croire en vous… Et dans la puissance du temps. Prenez le temps de vous retourner et regarder déjà le travail accompli jusque-là.

Avec le temps, tout s’en va ou tout va… pour le mieux ?

Le temps a deux visages pour un auteur professionnel. Il peut être notre pire ennemi. Si je n’avais pas gardé la foi en moi, malgré mes échecs, des retards, des imprévus et même quelques coups bas… Le temps aurait fini par saper ma confiance en mes capacités, ma volonté et mon désir de persévérer, de continuer à titiller la chance. Que je me fasse bien comprendre. Je ne dis pas que je n’ai jamais douté de moi, de mes talents, de mes idées. Toutefois, je me suis toujours repris. Je suis tombé plusieurs fois, mais je me suis toujours relevé. Parce que je me suis retourné et j’ai contemplé ce que j’avais déjà accompli. J’ai repris alors confiance. J’avais déjà tellement créé, on m’avait déjà complimenté pour mon talent, comment pouvais-je encore douter de moi ?

En réalité, le temps est davantage notre meilleur allié. Parce que j’ai pu maintenir ma passion d’écrire, ma volonté de réussir, continué ma pratique (le savoir-faire) et mon travail de rayonnement (le faire-savoir). Parce que j’ai persévéré, que j’ai pu rebondir et continuer mon chemin. Le temps a fini par jouer pour moi. Et cette notion de persévérance est fondamentale. A force d’avoir écrit, produit, publié, rencontré d’autres professionnels, rencontré des étudiants et de futurs auteurs, nourri mes comptes sur les réseaux sociaux, j’ai patiemment bâti mon profil professionnel. Avec le temps, j’ai étoffé mon CV. Avec le temps, j’ai élargi mon réseau.

Vous connaissez le principe de 6 degrés de séparation. Dans le milieu des industries créatives, je dirais qu’on est à 2 ou 3. Même s’il y a des cloisons entre chaque secteur, le monde de la création est petit. Aujourd’hui, je n’arrête pas de recroiser dans d’autres circonstances des gens que je connais déjà ou avec lesquels j’ai déjà bossés 5/10/15/20 ans auparavant. Ou des personnes qui connaissent très bien des gens qui apprécient mon travail. Bref, plus ça va et plus les éditeurs, producteurs, auteurs, artistes savent qui je suis et ce que je suis capable de faire.

En résumé : n’ayez pas peur d’échouer et continuez d’avancer et de créer. Plus le temps passe et plus vôtre talent s’affine, plus vous vous professionnalisez, vous rayonnez, vous grandissez…

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Ronan Le Breton

Ronan Le Breton Story Designer Story Teller Narrative Designer Auteur de mauvais genres

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