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Ankou & le jour des morts en Bretagne

Couverture par Guillaume Sorel

Le 1er novembre, c’est la « Toussaint : la fête des morts ». Avant l’avènement de la religion chrétienne en Europe, le 1er novembre était le premier jour de l’année. Elle s’appelait Samain, ou Samhain.
Et la nuit qui la précédait était un moment magique, sacré, durant lequel la frontière entre les deux mondes s’évanouissait. Les vivants pouvaient pénétrer dans l’Au-delà (le monde des fées et des morts) et réciproquement.
C’est de là que vient le terme, anglicisé et christianisé : « Halloween, All Hallow’ eve » (la nuit de tous les saints).

En tous les cas, en Bretagne, on associe à cette célèbre nuit ou la séparation entre le monde des morts et vivants, un puissant et sinistre personnage : l’Ankou.

Ankou : la Mort en Bretagne

L’Ankou – illustration de Gwendal LEMERCIER
  • L’Ankou est, pour faire court, la personnification de la Mort, ou plus exactement, son bras armé, l’équivalent de « La Faucheuse » dans d’autres traditions. Il n’est pas celui qui décide qui doit mourir (et pourquoi). L’Ankou est simplement celui qui vient collecter les âmes des défunts
  • Il est armé d’une faux. A la différence près, que la lame de sa faux est montée à l’envers, elle pointe vers le haut et non vers le bas (Cf. l’illustration plus haut, de Gwendal Lemercier)
  • En ce qui concerne son aspect physique, il ressemble à « La Faucheuse ». Il vêtu d’un linceul, il est maigre, d’aspect cadavérique, voire squelettique. En revanche, on le représente toujours comme un homme et non comme une femme. En outre, culture bretonne oblige, sa tête n’est pas coiffé d’une capuche mais d’un chapeau de paysan (breton) et
  • Il se déplace en général dans une affreuse charrette, qui grince abominablement. Dit autrement, on entend de loin l’Ankou venir réclamer son dû : l’âme qu’il doit collecter
  • Et ce n’est pas pour rien qu’on l’entend venir. Il est mal venu de gêner l’Ankou dans sa funèbre maraude. Il est également mal venu de l’apercevoir. On risque alors d’être frappé par le mauvais oeil et de mourir à son tour, avant la fin de l’année suivante
  • On dit souvent que l’Ankou est le premier mort est en réalité le (fantôme du) premier mort de l’année précédente

De la légende à la BD

Natif de Bretagne et ayant scénarisé beaucoup de BD sur les contes, les légendes et les mythes celtes et bretons, j’avais envie de vous partager tout ça.
Une dernière chose, l’Ankou n’est pas du tout l’émissaire du Diable. Contrairement aux idées reçues, le Cornik (le Cornu) est, dans les contes de ma région natale, la Bretagne, un personnage plutôt facétieux, malin, certes, mais pas trop. Il se fait souvent rouler dans la farine, ou plutôt les cendres des feux de l’enfer…
Alors que l’Ankou, à l’image des autres Anaons (les revenants) de ce terroir de brume et de mystère, est une figure lugubre, funeste, qui n’apporte que le malheur et la souffrance…
C’est bien pour cela que, dans l’adaptation des contes bretons en BD, chez Soleil Celtic, nous avons inséré les contes faisant intervenir le Diable dans les Contes du Korrigan. Car, je je le répète, la plupart des contes mettant en scène le Cornik relèvent du registre comique, grand public :

Et nous avons séparé les contes faisant allusion à l’Ankou et les Anaons, dans une autre série : les Contes de l’Ankou. Car ces récits s’adresse plus à un public qui veut frissonner de peur…

Si vous voulez en savoir plus sur la figure de la Mort en Bretagne, je vous invite fortement à lire Légendes de la Mort d’Anatole le Braz. C’est une bible en la matière…

Sur ce, je vous souhaite un bonne fête des Morts…

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Ronan Le Breton

Ronan Le Breton Story Designer Story Teller Narrative Designer Auteur de mauvais genres

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